NAISSANCE DE LA WICCA
Né en 1884, Gardner fut membre de nombreuses sociétés magiques, comme l'Ordre hermétique de l'Aube dorée d'Aleister Crowley (prochainement un article), avant d'être initié en 1939 à la sorcellerie par Dorothy Clutterbrook, une sorcière anglaise de New Forest. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il entreprit de rédiger son propre grimoire, lequel devait englober ce qu'il appelait "les règles de l'Art" (l'Art désigne la sorcellerie). Au début des années cinquante, les lois britanniques contre la sorcellerie ayant été abolies, Gardner put entreprendre librement son entreprise de séduction Wicca auprès du public.
Gardner nomma le mouvement "Wicca", d'après le vieil anglais wiccian, qui signifie "jeter un sort". S'autoproclamant "roi des sorcières", il se mit à exposer sa doctrine dans une série de livres à grand succès. Peut-être le plus célèbre d'entre eux est-il Witchcraft Today, ("La sorcellerie aujourd'hui", non traduit en français) publié en 1954, dans lequel Gardner affirmait que la Wicca était l'incarnation moderne d'une antique religion ayant survécu secrètement du Moyen Age jusqu'à nos jours, et ce malgré l'hégémonie du christianisme.
Gardner mettait l'accent sur l'adoration de la nature, en particulier de la Déesse Terre, et aussi sur les activités physiques et les réjouissances. Comme l'affirme un disciple de la Wicca : "Notre religion est faite d'amour, de plaisir et de sensations."
Au cours des années cinquante et au début des années soixante, les idées de Gardner donnèrent naissance à de nombreuses formes de culte Wicca, à la fois en Europe et aux États-Unis. Sur fond de libéralisme croissant, l'attrait de cette doctrine était évident. "A chaque fois que vous avez besoin de quelque chose, écrit Gardner dans son Livre des Ombres, rassemblerez-vous en quelque lieu secret et adore-Moi. Je vous apprendrai des choses inconnues et vous serez libérés de tout esclavage. Comme signe de liberté, vous serez nus lors des rites, et vous danserez, chanterez, ferez la fête, jouerez de la musique et ferez l'amour - tout cela en Mon Honneur."
En 1964, à la mort de Gardner à l'âge de 80 ans, le mouvement Wicca commença à se scinder. Les règles furent réécrites conformément au programme de chaque "coven" (congrégation de sorcières). Néanmoins, l'oeuvre de Gardner demeure le fondement de la sorcellerie moderne, et son principe central - "fais ce que tu veux tant que cela ne blesse personne" - est l'un de ceux auxquels adhèrent la plupart des adeptes modernes de la Wicca.
SUCCESSION ET SCISSION
Au Royaume-Uni, Alex Sanders succéda à Gardner comme roi des sorcières et créa son propre courant Wicca, l'alexiandrianisme. Né près de Manchester en 1926, Sanders affirmait descendre d'une longue lignée de sorcières remontant au XVe siècle. A l'âge de 9 ans, Sanders aurait commencé à participer à des rituels de sorcellerie et aurait eu des visions prémonitoires. Il prétendit également posséder des pouvoirs occultes de guérison. Mais personne ne put vérifier ses allégations.
De fait, nombreux furent les détracteurs de Sanders. Pour eux, le nouveau gourou avait découvert la sorcellerie avec Gerald Garner lui-même ; il lui avait même volé les secrets de la Wicca. Au début des années soixante-dix, Sanders et sa grande prêtresse, Maxine Morris, s'attirèrent une réputation exécrable, lorsque la presse à scandale britannique étala sur la place publique leurs habitudes nocturnes : on parla moins d'exploits surnaturels que d'orgies et de sacrifices d'animaux.
De nos jours, le mouvement Wicca est une entité disparate sans organisation centrale. Pourtant, d'après certaines estimations, il y aurait plus de cent mille disciples de la Wicca dans le monde. Ce que tous ces disciples ont en commun, c'est un rejet systématique de la tradition judéo-chrétienne en faveur de la vénération de la nature. Ils mettent l'accent sur l'importance du développement de la volonté personnelle, rejetant toute idée de soumission à quelque divinité que ce soit. D'ailleurs, le panthéon Wicca varie d'une branche à une autre, mais on y retrouve toujours les deux principes opposés masculin et féminin, incarnés par la Grande Déesse (souvent associé à la Lune) et le Dieu Cornu (souvent associé au Soleil).
Né en 1884, Gardner fut membre de nombreuses sociétés magiques, comme l'Ordre hermétique de l'Aube dorée d'Aleister Crowley (prochainement un article), avant d'être initié en 1939 à la sorcellerie par Dorothy Clutterbrook, une sorcière anglaise de New Forest. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il entreprit de rédiger son propre grimoire, lequel devait englober ce qu'il appelait "les règles de l'Art" (l'Art désigne la sorcellerie). Au début des années cinquante, les lois britanniques contre la sorcellerie ayant été abolies, Gardner put entreprendre librement son entreprise de séduction Wicca auprès du public.
Gardner nomma le mouvement "Wicca", d'après le vieil anglais wiccian, qui signifie "jeter un sort". S'autoproclamant "roi des sorcières", il se mit à exposer sa doctrine dans une série de livres à grand succès. Peut-être le plus célèbre d'entre eux est-il Witchcraft Today, ("La sorcellerie aujourd'hui", non traduit en français) publié en 1954, dans lequel Gardner affirmait que la Wicca était l'incarnation moderne d'une antique religion ayant survécu secrètement du Moyen Age jusqu'à nos jours, et ce malgré l'hégémonie du christianisme.
Gardner mettait l'accent sur l'adoration de la nature, en particulier de la Déesse Terre, et aussi sur les activités physiques et les réjouissances. Comme l'affirme un disciple de la Wicca : "Notre religion est faite d'amour, de plaisir et de sensations."
Au cours des années cinquante et au début des années soixante, les idées de Gardner donnèrent naissance à de nombreuses formes de culte Wicca, à la fois en Europe et aux États-Unis. Sur fond de libéralisme croissant, l'attrait de cette doctrine était évident. "A chaque fois que vous avez besoin de quelque chose, écrit Gardner dans son Livre des Ombres, rassemblerez-vous en quelque lieu secret et adore-Moi. Je vous apprendrai des choses inconnues et vous serez libérés de tout esclavage. Comme signe de liberté, vous serez nus lors des rites, et vous danserez, chanterez, ferez la fête, jouerez de la musique et ferez l'amour - tout cela en Mon Honneur."
En 1964, à la mort de Gardner à l'âge de 80 ans, le mouvement Wicca commença à se scinder. Les règles furent réécrites conformément au programme de chaque "coven" (congrégation de sorcières). Néanmoins, l'oeuvre de Gardner demeure le fondement de la sorcellerie moderne, et son principe central - "fais ce que tu veux tant que cela ne blesse personne" - est l'un de ceux auxquels adhèrent la plupart des adeptes modernes de la Wicca.
SUCCESSION ET SCISSION
Au Royaume-Uni, Alex Sanders succéda à Gardner comme roi des sorcières et créa son propre courant Wicca, l'alexiandrianisme. Né près de Manchester en 1926, Sanders affirmait descendre d'une longue lignée de sorcières remontant au XVe siècle. A l'âge de 9 ans, Sanders aurait commencé à participer à des rituels de sorcellerie et aurait eu des visions prémonitoires. Il prétendit également posséder des pouvoirs occultes de guérison. Mais personne ne put vérifier ses allégations.
De fait, nombreux furent les détracteurs de Sanders. Pour eux, le nouveau gourou avait découvert la sorcellerie avec Gerald Garner lui-même ; il lui avait même volé les secrets de la Wicca. Au début des années soixante-dix, Sanders et sa grande prêtresse, Maxine Morris, s'attirèrent une réputation exécrable, lorsque la presse à scandale britannique étala sur la place publique leurs habitudes nocturnes : on parla moins d'exploits surnaturels que d'orgies et de sacrifices d'animaux.
De nos jours, le mouvement Wicca est une entité disparate sans organisation centrale. Pourtant, d'après certaines estimations, il y aurait plus de cent mille disciples de la Wicca dans le monde. Ce que tous ces disciples ont en commun, c'est un rejet systématique de la tradition judéo-chrétienne en faveur de la vénération de la nature. Ils mettent l'accent sur l'importance du développement de la volonté personnelle, rejetant toute idée de soumission à quelque divinité que ce soit. D'ailleurs, le panthéon Wicca varie d'une branche à une autre, mais on y retrouve toujours les deux principes opposés masculin et féminin, incarnés par la Grande Déesse (souvent associé à la Lune) et le Dieu Cornu (souvent associé au Soleil).
